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Léonie et Milo

7 mai 2020 : « il y’a deux bébés ! », c’est comme ça que l’aventure gémellaire a commencé pour nous lors de ma première échographie. 

Nous avions alors appris qu’une grossesse gémellaire était plus à risque qu’une grossesse « normale », de natures optimistes, nous nous réjouissions d’un suivi plus poussé pour profiter d’échographies mensuelles afin de voir nos futurs enfants


Lors d’un simple contrôle, nous apprenions alors que j’étais sur le point d’accoucher. Nous étions alors sur Dax, hôpital qui n’est pas en capacité de me faire accoucher et d’assister mes bébés s’ils venaient à naître dans les prochaines heures.
Un transfert avec le SAMU est donc organisé vers le CHU de Pau. 

« Chaque jour passé est une nouvelle victoire », c’est ce qu’on nous explique, je suis prise en charge afin de stopper les contractions que je ne sentais même pas.

La situation se stabilise, tout semble rentrer dans l’ordre, les jours passent longuement pour moi au service grossesse pathologique, mon conjoint me rend visite chaque jour après le travail pour m’épauler.

Vendredi 25 septembre 2020 : aujourd’hui, je suis particulièrement épuisée et ne prendrais même pas la peine de me faire coquette comme les autres jours.  Je me console en me disant que dans deux jours nous aurons alors franchis un nouveau pallier et pas des moindres : celui des 28 semaines d’aménorrhée.  

Epuisé lui-aussi par les allers et retours à l’hôpital et ses journées de travail, mon conjoint prend la décision de ne pas venir me rendre visite aujourd’hui. Nos jumeaux en décideront autrement dans la soirée…  

20h00, je finis difficilement mon repas et me sent de plus en plus mal. Un mal de dos puissant et inexpliqué, je le signale aux sages femmes qui ne s’inquiètent pas plus que ça. Je finis par être prise de nausées et le signale de nouveau, on m’ausculte : l’accouchement est imminent. Il est 22h30, j’appelle alors mon conjoint pour qu’il me rejoigne.  

On me descend alors en salle de naissance et on tente une dernière injection pour stopper les contractions, ce sera alors un échec, le travail est trop engagé, je supporte très mal la dose et commence alors à faire de la tachycardie. On me passe alors au bloc opératoire pour la césarienne, on m’explique qu’une grosse équipe m’attend pour une prise en charge optimale de mes bébés. On me demande où en est mon conjoint car cela approche, il avait plus d’une heure de route, le voilà enfin… A peine a-t-il le temps de s’installer, la césarienne débute. Mon conjoint me fait des blagues pour me détendre. 

On m’informe que mon premier bébé est né, pas un bruit, pas un pleur de sa part… Nous demandons alors s’il s’agit du garçon ou de la fille, on nous répond alors « nous ne savons pas ». On comprend donc qu’il y’a urgence, l’angoisse monte de plus en plus. On apprendra après coup qu’il s’agit de notre petit Milo et qu’il a eu « du mal à démarrer » (entendez par là un long massage cardiaque …).
Et puis, comme une éclaircie dans l’obscurité, notre Léonie naît à son tour, poussant un puissant cri qui me réanime et me fait reprendre mon souffle. 

26 septembre 2020 – 27 sa + 5 jours 

01h29 : Milo – 1kg100 

01h32 : Léonie – 1kg074 

L’équipe médicale qui m’entoure fait sortir mon conjoint, on fini de s’occuper de moi et on m’emmène derrière, je découvre ma fille, si petite et fragile, je l’embrasse, ce sera alors la première fois qu’elle ouvre ses yeux, un instant inoubliable, hors du temps. On m’explique qu’elle se débrouille très bien et respire seule pour l’instant.  

On me bascule en salle de réveil pendant deux heures. Je pense à eux, je me demande comment va Milo et comment vont se dérouler les prochaines semaines…

Je retrouve mon conjoint qui me montre des photos de nos enfants… Le bouleversement, perdue entre la joie de les rencontrer et cette conscience que le combat va être long… 

Je rencontrerais officiellement mes bébés le lendemain à 15h00 en réanimation néonatale, à travers leur incubateurs.
Tout de suite plongés dans un environnement inconnu et anxiogène ; les bips des scops et autres perfusions, les incubateurs, des bébés à peine plus gros que nos mains. Nous sommes alors entourés par de véritables anges gardiens : les infirmières, pédiatres, auxiliaire de puériculture, etc. Chacune d’entre-elles prendront soin de nous autant que de nos merveilles, nous permettant rapidement de mieux appréhender la réanimation et leur état de santé pour les accompagner au mieux dans ce combat.

 

Les journées se suivent et ne se ressemblent pas, enfin si, d’apparence, les mêmes gestes que nous répétions : les soins, les changes, le peau à peau pendant de longues heures. Mais leur état instable qui pouvait passé d’un extrême à un autre aura rythmé nos journées. Nous avons appris à les connaître avec un appareillage qui leur déformait complètement le visage, des perfusions de partout et pourtant nous les aimions déjà tellement ; ce profond sentiment nous fera tenir. 

Léonie et Milo progressent de mieux en mieux, grâce à leur force incommensurable mais également et surtout grâce aux soins prodigués par l’équipe, qui, au moindre doute, fait tous les examens possibles et imaginables et met en place les traitements adéquats dans un temps éclair. 

Nous étions rassurés de les savoir en de si bonnes mains, nous n’avions plus peur de venir les retrouver chaque jour.
De jour comme de nuit, l’équipe se rendait disponible pour nous rassurer et pour les assister.  

26 octobre 2020 : et voilà, vous avez un mois !!! Quelle fierté de vous voir prendre du poids, d’arriver à vous baisser le taux d’oxygène, chaque petit pas est pour nous une immense victoire. Vous nous avez déjà beaucoup appris en un mois. On nous avait indiqué qu’un transfert vers l’hôpital de Mont-de-Marsan serait possible maintenant que vous êtes plus autonomes, nous permettant donc d’être plus proches de la maison… Et ce merveilleux cadeau est arrivé aujourd’hui pour vos un mois … Transfert un par un par la fabuleuse équipe du SAMU.  

C’était alors l’heure pour nous de dire au revoir à toutes ces merveilleuses personnes qui vous ont aidé à grandir, à vivre et qui nous ont ô combien fait du bien au quotidien !! Les larmes ont coulées bien-entendu, la joie de vous voir aller de mieux en mieux et le cœur serré de saluer toutes ces personnes. 

Léonie et Milo ont continué leur admirable combat jusqu’au 11 décembre 2020 à l’hôpital de Mont-de-Marsan et ont aujourd’hui 11 mois. Ce sont d’adorables bébés, toujours souriants, agréables à vivre. Ils vont plutôt bien, ont un suivi médical poussé pour anticiper toute éventuelle séquelle mais le plus dur est derrière nous à présent…

A l’aube de leur 11 mois, nous sommes en paix avec cette douloureuse période et avons appris à savourer chaque petit bonheur que la vie nous offre.

Nous avons une profonde gratitude envers l’ensemble de l’équipe de la réanimation néonatale, mais également envers l’association « Les bébés plumes » qui œuvre discrètement mais sûrement pour rendre notre quotidien auprès de nos bébés hospitalisés plus doux et confortable.

Mille merci …. 

Candice, Alex-Junior, Léonie et Milo

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