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De nouveaux fauteuils

Notre association a pour but d’améliorer la prise en charge des bébés nés prématurément ainsi que l’accueil des parents au sein du service. Un meilleur accueil, favorise la présence des parents auprès de leur(s) bébé(s), ainsi de promouvoir un meilleur attachement et une implication plus forte auprès de ces derniers.

Il est essentiel pour nous que les parents puissent rester et ce de manière confortable auprès de leur(s) bébé(s) afin de favoriser le processus d’attachement. Le processus d’attachement passe par les interactions entre ces parents et leur(s) bébé(s). Le lien entre le bébé et la mère est souvent rompu lorsque celui-ci né de manière prématurée. Il est alors essentiel de le recréer et ce, le plus précocement possible.

Pour ce faire, la technique dite « peau à peau » ou plus communément appelée « kangourou » trouve toute sa place dans notre service de soin.

L’accueil des parents et surtout des mamans qui viennent tout juste d’accoucher, passe essentiellement par le confort qu’elles peuvent trouver à rester auprès de leur enfant autant qu’elle ou il le souhaite.

Ce pour quoi nous avons menés divers projets afin de pouvoir financer l’achat de 18 fauteuils, en 2 temps :

  • 11 fauteuils pour la néonatologie dans un 1er temps grâce au don reçu de Terre Plurielle, fondation d’entreprise Bouygues Construction, avec l’aide de Mr M.
  • 7 fauteuils pour la réanimation néonatale en 2nd temps grâce au Crédit Agricole.

Ces fauteuils sont confortables, avec accoudoirs pouvant permettre un bon soutien postural, électriques, pour assister les mamans douloureuses dans leur installation. Ces fauteuils peuvent quasiment se mettre en position allongée permettant aux parents de se reposer en étant en peau à peau avec leur bébé ou au plus proche de leur enfant. Sur roulettes, ils peuvent se mettre au plus près de l’enfant. Ils permettent aux mamans de pouvoir s’installer dans diverses positions pour l’allaitement, de façon confortable.

Depuis que nous avons changé les fauteuils du service, nous avons eu le plaisir de voir des parents mieux installés, présents plus longtemps auprès de leur enfant et c’est le but de notre démarche.

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Léonie et Milo

7 mai 2020 : « il y’a deux bébés ! », c’est comme ça que l’aventure gémellaire a commencé pour nous lors de ma première échographie. 

Nous avions alors appris qu’une grossesse gémellaire était plus à risque qu’une grossesse « normale », de natures optimistes, nous nous réjouissions d’un suivi plus poussé pour profiter d’échographies mensuelles afin de voir nos futurs enfants


Lors d’un simple contrôle, nous apprenions alors que j’étais sur le point d’accoucher. Nous étions alors sur Dax, hôpital qui n’est pas en capacité de me faire accoucher et d’assister mes bébés s’ils venaient à naître dans les prochaines heures.
Un transfert avec le SAMU est donc organisé vers le CHU de Pau. 

« Chaque jour passé est une nouvelle victoire », c’est ce qu’on nous explique, je suis prise en charge afin de stopper les contractions que je ne sentais même pas.

La situation se stabilise, tout semble rentrer dans l’ordre, les jours passent longuement pour moi au service grossesse pathologique, mon conjoint me rend visite chaque jour après le travail pour m’épauler.

Vendredi 25 septembre 2020 : aujourd’hui, je suis particulièrement épuisée et ne prendrais même pas la peine de me faire coquette comme les autres jours.  Je me console en me disant que dans deux jours nous aurons alors franchis un nouveau pallier et pas des moindres : celui des 28 semaines d’aménorrhée.  

Epuisé lui-aussi par les allers et retours à l’hôpital et ses journées de travail, mon conjoint prend la décision de ne pas venir me rendre visite aujourd’hui. Nos jumeaux en décideront autrement dans la soirée…  

20h00, je finis difficilement mon repas et me sent de plus en plus mal. Un mal de dos puissant et inexpliqué, je le signale aux sages femmes qui ne s’inquiètent pas plus que ça. Je finis par être prise de nausées et le signale de nouveau, on m’ausculte : l’accouchement est imminent. Il est 22h30, j’appelle alors mon conjoint pour qu’il me rejoigne.  

On me descend alors en salle de naissance et on tente une dernière injection pour stopper les contractions, ce sera alors un échec, le travail est trop engagé, je supporte très mal la dose et commence alors à faire de la tachycardie. On me passe alors au bloc opératoire pour la césarienne, on m’explique qu’une grosse équipe m’attend pour une prise en charge optimale de mes bébés. On me demande où en est mon conjoint car cela approche, il avait plus d’une heure de route, le voilà enfin… A peine a-t-il le temps de s’installer, la césarienne débute. Mon conjoint me fait des blagues pour me détendre. 

On m’informe que mon premier bébé est né, pas un bruit, pas un pleur de sa part… Nous demandons alors s’il s’agit du garçon ou de la fille, on nous répond alors « nous ne savons pas ». On comprend donc qu’il y’a urgence, l’angoisse monte de plus en plus. On apprendra après coup qu’il s’agit de notre petit Milo et qu’il a eu « du mal à démarrer » (entendez par là un long massage cardiaque …).
Et puis, comme une éclaircie dans l’obscurité, notre Léonie naît à son tour, poussant un puissant cri qui me réanime et me fait reprendre mon souffle. 

26 septembre 2020 – 27 sa + 5 jours 

01h29 : Milo – 1kg100 

01h32 : Léonie – 1kg074 

L’équipe médicale qui m’entoure fait sortir mon conjoint, on fini de s’occuper de moi et on m’emmène derrière, je découvre ma fille, si petite et fragile, je l’embrasse, ce sera alors la première fois qu’elle ouvre ses yeux, un instant inoubliable, hors du temps. On m’explique qu’elle se débrouille très bien et respire seule pour l’instant.  

On me bascule en salle de réveil pendant deux heures. Je pense à eux, je me demande comment va Milo et comment vont se dérouler les prochaines semaines…

Je retrouve mon conjoint qui me montre des photos de nos enfants… Le bouleversement, perdue entre la joie de les rencontrer et cette conscience que le combat va être long… 

Je rencontrerais officiellement mes bébés le lendemain à 15h00 en réanimation néonatale, à travers leur incubateurs.
Tout de suite plongés dans un environnement inconnu et anxiogène ; les bips des scops et autres perfusions, les incubateurs, des bébés à peine plus gros que nos mains. Nous sommes alors entourés par de véritables anges gardiens : les infirmières, pédiatres, auxiliaire de puériculture, etc. Chacune d’entre-elles prendront soin de nous autant que de nos merveilles, nous permettant rapidement de mieux appréhender la réanimation et leur état de santé pour les accompagner au mieux dans ce combat.

 

Les journées se suivent et ne se ressemblent pas, enfin si, d’apparence, les mêmes gestes que nous répétions : les soins, les changes, le peau à peau pendant de longues heures. Mais leur état instable qui pouvait passé d’un extrême à un autre aura rythmé nos journées. Nous avons appris à les connaître avec un appareillage qui leur déformait complètement le visage, des perfusions de partout et pourtant nous les aimions déjà tellement ; ce profond sentiment nous fera tenir. 

Léonie et Milo progressent de mieux en mieux, grâce à leur force incommensurable mais également et surtout grâce aux soins prodigués par l’équipe, qui, au moindre doute, fait tous les examens possibles et imaginables et met en place les traitements adéquats dans un temps éclair. 

Nous étions rassurés de les savoir en de si bonnes mains, nous n’avions plus peur de venir les retrouver chaque jour.
De jour comme de nuit, l’équipe se rendait disponible pour nous rassurer et pour les assister.  

26 octobre 2020 : et voilà, vous avez un mois !!! Quelle fierté de vous voir prendre du poids, d’arriver à vous baisser le taux d’oxygène, chaque petit pas est pour nous une immense victoire. Vous nous avez déjà beaucoup appris en un mois. On nous avait indiqué qu’un transfert vers l’hôpital de Mont-de-Marsan serait possible maintenant que vous êtes plus autonomes, nous permettant donc d’être plus proches de la maison… Et ce merveilleux cadeau est arrivé aujourd’hui pour vos un mois … Transfert un par un par la fabuleuse équipe du SAMU.  

C’était alors l’heure pour nous de dire au revoir à toutes ces merveilleuses personnes qui vous ont aidé à grandir, à vivre et qui nous ont ô combien fait du bien au quotidien !! Les larmes ont coulées bien-entendu, la joie de vous voir aller de mieux en mieux et le cœur serré de saluer toutes ces personnes. 

Léonie et Milo ont continué leur admirable combat jusqu’au 11 décembre 2020 à l’hôpital de Mont-de-Marsan et ont aujourd’hui 11 mois. Ce sont d’adorables bébés, toujours souriants, agréables à vivre. Ils vont plutôt bien, ont un suivi médical poussé pour anticiper toute éventuelle séquelle mais le plus dur est derrière nous à présent…

A l’aube de leur 11 mois, nous sommes en paix avec cette douloureuse période et avons appris à savourer chaque petit bonheur que la vie nous offre.

Nous avons une profonde gratitude envers l’ensemble de l’équipe de la réanimation néonatale, mais également envers l’association « Les bébés plumes » qui œuvre discrètement mais sûrement pour rendre notre quotidien auprès de nos bébés hospitalisés plus doux et confortable.

Mille merci …. 

Candice, Alex-Junior, Léonie et Milo

témoignages

L’aventure de Zélie et ses parents

Chaque jours de passé est un jour de gagné 

Chaque jours de passé est un jour de gagné, voilà la phrase qui pourrait résumer notre histoire.


Après un long parcours, Zélie nous a fait la surprise de se confiner dans le ventre de maman. Alors que la France terminait son premier confinement, une grossesse compliquée débutait. 

Tout d’abord les vomissements… une fois ces derniers derrière nous, le cerclage à 13 SA à cause d’une béance du col pour maman. 
A 24SA, lors d’un contrôle, sans surprise maman est hospitalisée. Tout le monde espère qu’on arrive à 32SA. Pendant ce temps, l’épidémie ne baisse pas sa garde, bien au contraire. Papa est autorisé à nous rendre visite les après-midis (14h-18h) (pas évident avec le travail). Avec l’amour et la force que Papa nous a donné, sans oublier le professionnalisme et la gentillesse du personnel soignant en maternité, le pari est tenu. Maman rentre à la maison avec Zélie dans le ventre à 32 SA.


A la veille de la 34ème semaine d’aménorrhée; Zélie est trop pressée de rencontrer ses parents. Nous allons alors connaître le service de la Néonat. Zélie est née le 13 décembre 2020, elle pèse 2,050kg pour 43,5 cm. Elle respire toute seule, un gros soulagement. Les fées viennent la chercher, mais avant de partir, elles nous ont laissé la chance d’avoir notre moment à tous les 3. Zélie va être surveiller par les fées pendant 36 jours. Pendant cette période, nous parents, nous avons eu tant de questions dont nous avons toujours eu les réponses; face à nos doutes, elles nous ont réconforté, elles nous ont vu pleurer mais elles sont restées discrètes, il y a eu aussi des moments de rires  partagés…Elles ont également partagés notre premier Noël. Merci pour les petits cadeaux des Bébés Plumes. Elles ont toujours répondu à nos appels à n’importe quelle heure de la nuit et du jour. Les jours passent et la sortie se rapprochant, nous avons eu une « réunion » pour nous expliquer comment ça allait se passer. Nous avons eu un bon moment d’échange.


Puis viens le jour des au revoir…. Avec pudeur, nous avons versé des larmes. Parce que les Fées font  parties de notre début de vie à 3.
Aujourd’hui, Zélie a 4 mois et demi, elle se porte très bien…. surtout pour le caractère, certaines des fées ne seront pas étonnées.


Nous remercions les fées pour leur gentillesse et leur professionnalisme.

Voici notre petit témoignage.


Hélène et Fabien VIGNAU

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Le lien parents enfant en service de réanimation

Devenir parent constitue une étape essentielle dans la vie de chacun. Qu’en est-il lorsque cette étape ne se déroule pas comme prévue ? Dans le cas d’un accouchement prématuré, le nouveau-né nécessite parfois une prise en soins médicale en service de réanimation néonatale.

Dans la rapidité qu’impliquent la naissance et la prise en soin de leur enfant, les parents tentent de s’adapter à un environnement jusqu’alors inconnu. Ils tentent de comprendre le fonctionnement du service. Du personnel en blouse blanche s’occupe de si petits corps reliés à de nombreux appareils, des alarmes donnant des chiffres inconnus ne cessent de sonner, la luminosité est également limitée pour protéger les nouveau-nés des agressions de la lumière artificielle. Cet environnement sombre, calme mais rythmé par les sons des alarmes, provoque des sentiments de stress et d’inquiétude pour les parents.

Le manque de contact physique est souvent vécu comme difficile pour ces derniers. Ils ne peuvent pas assumer leurs fonctions parentales normalement, l’enjeu est alors de découvrir leur bébé au delà des appareillages. Afin d’investir la relation avec leur enfant, les parents ont tout d’abord le besoin de présence. De nos jours, de nombreux aménagements de service sont réalisés afin de favoriser la présence des parents auprès de leur enfant avec des visites autorisées pour le père et la mère 24h/24h. Des évolutions ont également eu lieu au sein des équipes médicales afin d’intégrer au maximum les parents dans les soins. Pour cela, un environnement calme et serein est nécessaire pour qu’ils se sentent en confiance et puissent participer aux soins.

Lorsque les parents se sentent capables de toucher, manipuler leur enfant, les soignants sont présents pour les accompagner, favoriser leur participation et encourager leur démarche, leur donner confiance pour qu’ils se sentent acteurs de leur parentalité. Ainsi, le début du lien parents-enfant se crée à travers des éveils sensoriels. Il est normal pour les parents d’avoir besoin de temps pour s’approprier ce nouvel environnement, si la maman ne se sent pas capable de manipuler son enfant à travers les sondes et perfusions, il est possible pour elle de poser ses mains sur lui afin de le contenir et le rassurer, ceci participe déjà à la création du lien. Le toucher est le premier sens à se développer in utéro dès la septième semaine de grossesse. Ce toucher permettra à l’enfant de se sentir contenu.

Dans les services de réanimation, lorsque l’état de santé de l’enfant le permet, le peau à peau a su montrer son efficacité sur le lien d’attachement. Cette pratique agit sur le bien-être physiologique et émotionnel de l’enfant, en étant directement placé sur le buste de sa mère, l’enfant régulera naturellement sa température corporelle, comme in-utéro, il pourra de nouveau sentir l’odeur de sa mère, le rythme de sa respiration, sa fréquence cardiaque. En étant apaisé et confortable, le nouveau-né diminue son niveau d’activité et sa consommation d’énergie et augmente sa part de sommeil et d’éveil calme. Ce positionnement instaure donc une base sécure contribuant à son bon développement. Cette pratique favorise également la lactation grâce aux mécanismes hormonaux.

Grace à ces différentes pratiques, les parents se sentent davantage acteurs de leur parentalité, accompagnés par les soignants, ils parviennent à prendre confiance et s’investissent auprès de leur enfant.

D’autres moyens sont utilisés dans les services de réanimation afin d’intégrer les parents dans le quotidien de leur enfant. Des informations concernant les habitudes du nouveau-né, ses expressions leur permettent de mieux le connaître et d’investir davantage cette relation. Il est parfois installé un carnet de bord afin que l’équipe puisse écrire les moments importants de la vie de l’enfant ainsi qu’ajouter des photos, cela permet aux parents de suivre l’évolution de leur enfant au sein du service. Des pancartes sont également réalisées avec le nom de l’enfant et des décorations propres à leur histoire, afin de mettre en place un environnement le plus personnalisé possible.

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Allaitement maternel et prématurité

Recommandations générales :

L’organisation mondiale de la santé recommande :
– une initiation précoce de l’allaitement maternel dès les premières heures de vie
– un allaitement maternel exclusif jusqu’à l’âge de 6 mois
– un allaitement à la demande

De nombreuses études mettent en évidence l’importance des apports nutritionnels du nouveau-né ainsi que l’intérêt du lait maternel surtout en cas de naissance prématurée.
Tout d’abord une naissance prématurée génère beaucoup de stress et d’anxiété pour les parents.
En effet, l’arrivée de ce(s) bébé(s) est un bouleversement car elle chamboule toutes les projections et l’image du bébé rêvé et idéalisé par ses parents.
Dans ce contexte particulier, la mise en place d’un l’allaitement maternel est possible. Elle demande du temps, de la régularité et de la patience. Les équipes soignantes des services de réanimation néonatale et de néonatalogie mettent tout en œuvre pour accompagner et guider les mamans qui souhaitent donner leur lait.

Les bénéfices de l’allaitement maternel :

– Digestif :

Le lait maternel est adapté aux besoins physiologiques, ses apports nutritionnels évoluent en fonction des besoins de l’enfant. La tolérance alimentaire est facilitée car il est plus facile à digérer. Il limite le risque de complications digestives pour le bébé prématuré.

– Développement :

Les études ont montré une influence positive du lait maternel dans le développement. Le lait maternel est d’abord un aliment protecteur. En effet, il est connu pour sa richesse en anticorps qui protègent le bébé et renforcent son immunité. Le lait maternel contient des agents protecteurs qui peuvent éviter certaines maladies graves susceptibles d’affecter les bébés prématurés.
On retrouve un meilleur développement cognitif. Il faut savoir que le lait maternel participe également à la protection contre les allergies et diminue la prévalence de l’obésité à 5-6ans.

– Investissement des parents :

Les parents font partie intégrante des soins et contribuent aux progrès de leur bébé. Le fait de s’investir dans l’alimentation de leur enfant permet aux parents d’être acteurs dans la prise en charge et de créer du lien avec lui ce qui favorise aussi l’attachement.

Comment initier l’allaitement maternel dans ce contexte ?

La décision d’allaiter son enfant n’est pas toujours évidente. C’est un choix personnel qui est toujours respecté. Certaines mères, conscientes de la fragilité de leur enfant, prennent la décision d’essayer même si elles ne le souhaitaient pas initialement devant les bénéfices attendus pour l’enfant. Il permet parfois aux mères de se sentir utiles et actrices dans la santé de leur bébé.

Il est important de commencer à tirer le lait le plus tôt possible après la naissance. Les équipes soignantes mettent à disposition le matériel nécessaire et adapté (tire lait électrique double pompage, kit téterelle). Les professionnel(le)s sont là pour guider et donner les conseils d’utilisation du tire lait. Une consultante en lactation peut aussi être rencontrée.
Il est conseillé de stimuler fréquemment (environ 8 fois par 24h) les seins manuellement et avec un tire lait pour aider la lactation à s’établir.
La présence auprès du bébé ou à défaut une photo optimise la production et sécrétion du lait grâce à l’influence des hormones.
Le peau à peau joue un rôle très important dans l’initiation à l’allaitement maternel. Il stimule la lactation mais il éveille aussi tous les sens du nouveau-né qui peut instinctivement rechercher à téter.

Le plus tôt possible et dès que l’état de santé du bébé le permet (stabilité), les mises au sein sont proposées. Les premières sont souvent qualifiées de tétées plaisirs/découvertes.
La répétition des propositions de mises au sein associée à l’évolution des compétences du bébé (stabilité, prise de poids, autonomie respiratoire…) lui permettront progressivement de s’alimenter au sein grâce à une succion efficace.
La capacité du bébé à prendre la totalité de la ration au sein peut prendre plusieurs semaines, une sonde nasogastrique et/ou un biberon (si accord des parents) peuvent être utilisés pour compléter sa ration.

Il est important que la maman ne se décourage pas même si l’allaitement maternel d’un bébé né prématuré peut sembler contraignant au départ. Il est essentiel d’être soutenue et bien accompagnée dès le début pour qu’il puisse durer dans le temps.

L’influence des hormones dans la production et sécrétion du lait :

La sécrétion et la production du lait sont influencées par deux hormones. La succion ou la stimulation mécanique des terminaisons nerveuses du mamelon et de l’aréole déclenchent des pics de sécrétion de prolactine.
La prolactine permet la synthèse du lait et l’ocytocine permet l’éjection et transfert du lait.
Il faut savoir que le taux d’ocytocine augmente pendant le contact peau à peau.

Le colostrum :

Le « premier lait » appelé colostrum est fabriqué très tôt pendant la grossesse.
Il se reconnaît à son aspect épais, jaune, sécrété en faible quantité (quelques gouttes). Il est particulièrement riche en anticorps. Il développe la flore intestinale et participe à l’évacuation du méconium (premières selles).
Ces précieuses gouttes de colostrum sont recueillies et données en priorité au bébé.
Séances après séances les efforts et la constance des stimulations et tirages sont récompensés, le colostrum laisse place au lait de transition puis au lait mature.

Le lait maternel en service hospitalier :

Pour les bébés nés prématurés ou de petits poids, le lait maternel est donné systématiquement. Si la propre mère de l’enfant ne peut pas fournir de lait, pour quelconque raison, l’enfant reçoit du lait humain de donneuse (Lactarium). Il existe un protocole qui permet de définir le lait que peut recevoir l’enfant en fonction de son terme et de son poids. Celui-ci est présenté aux parents s’ils sont concernés. Les conseils de prélèvement, de transport et de conservation du lait sont aussi donnés par l’équipe soignante.

Accessoires utilisés pour l’aide à l’allaitement :

– DAL : dispositif d’aide à l’allaitement
C’est un système qui permet de compléter une tétée en utilisant un récipient (biberon) contenant du lait relié au sein par une petite tubulure souple. L’extrémité de la sonde est glissée à la commissure des lèvres du bébé jusque dans sa bouche. Il peut être mis en place au sein ou au doigt, le bébé fait lui-même les mouvements de succion qui lui permettent de recevoir le lait.

Seringue :
La seringue est utiliser pour initier l’alimentation. Elle permet de proposer au bébé des petits volumes de lait (parfois quelques gouttes) et stimule aussi l’oralité. Elle sert également à compléter les tétées au sein ou au biberon à la sonde nasogastrique.

– Tasse :
La tasse est proposée au bébé actif qui va utiliser sa langue pour laper le lait. Cette technique se rapproche du réflexe de succion au sein.

Les Bébés Plumes.

Sources :
- Article inspiré par l’article Allaiter aujourd’hui du Dr G.Gremmo-Féfer, pédiatre.
Images :
- Image titre : https://www.istockphoto.com/fr/search/2/image?mediatype=illustration&phrase=allaiter
- Image tire lait : https://www.capvital.fr/set-simple-pour-tire-lait.html 
 - Image DAL : https://www.lllfrance.org/vous-informer/fonds-documentaire/allaiter-aujourd-hui-extraits/2068-aa-116-relactation-et-lactation-induite
- Image seringue : https://www.vygon.com/fr/catalogue/seringue-vy-p-pour-connexion-enterale-nutrisafe2_1340_001015054
- Image tasse : https://allaitement-toutunart.fr/donner-le-lait

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Le peau à peau

Le peau à peau est un soin à part entière qui implique les parents de façon très intime. Il est au cœur des soins de développement utilisés dans les services de réanimation néonatale et néonatalogie.

Afin que les parents s’engagent dans cette pratique, les professionnelles de santé leurs expliquent les différents bénéfices (cf : affiche plus bas). Ils sont de réels partenaires de soins. Les heures passées peau contre peau leur permettent de faire connaissance et de repérer les besoins de l’enfant. Ils sont capables d’y répondre rapidement. Chacun des parents trouve sa place pendant l’hospitalisation et aborde l’avenir avec plus de sérénité. La triade mère-père-bébé est renforcée.

Le peau à peau est un vrai allié lors de l’allaitement pour les mères qui le souhaitent. Le nouveau-né se place dans une dimension de familiarité sensorielle puisqu’il reconnaît l’odeur et la voix de ses parents. Le prendre en peau à peau va faire qu’il peut s’agripper au sein et faire des mouvements de succion. Ainsi, ce type de portage constitue un élément important dans la mise en place et la réussite de l’allaitement.

Nous vous laissons découvrir l’affiche ci-dessous, présente dans chaque chambre de notre service afin d’informer les parents sur cette pratique et ces bienfaits.

témoignages

Le parcours de Camille et ses parents

Camille est née le 22 septembre 2019 à 34sa+2, pesait 2,250 kg pour 47 cm.

Elle a passé 18 jours au service de néonat. 18 jours pendant lesquels nous avons été accompagnés par des personnes extrêmement bienveillantes, à notre écoute, patientes mais aussi drôles et toujours là pour répondre à nos questions, à nos doutes. 

Camille a d’abord passé 2 jours en incubateur, branchée pour surveiller son rythme cardiaque, sa saturation et avec une sonde nasale pour l’alimentation. Les fils et branchements peuvent paraître inquiétants mais on a fini par les oublier… Cette « boite » a été son premier lit, elle pouvait paraître impressionnante mais elle servait à maintenir Camille au chaud. Les Infirmières et auxiliaires la manipulaient à l’intérieur et nous installaient Camille pour les moments de peau à peau tellement bénéfiques pour elle et si agréables pour nous. 

Camille est notre première, on nous a tout appris, le bain, le change, les soins quotidiens. Les puéricultrices et auxiliaires étaient patientes, nous accompagnaient et nous aidaient, cela était tellement rassurant, réconfortant et elles étaient toujours de bon conseil. Ce sont de vraies passionnées !

Elle est ensuite passée en berceau et petit à petit nous devenions de plus en plus autonomes pour la prendre dans nos bras, pour le change, le bain…

Les progrès étant croissants, un retour à la maison commençait à être envisagé. Nous avions hâte de rentrer à la maison avec elle, même si cela faisait un peu peur : en néonat, on a la chance d’être accompagné en permanence, une personne peut répondre à la moindre de nos questions ou doutes tout de suite. On nous a tout de suite rassuré, si on rentre c’est que notre bébé est prêt et si il faut rester un peu plus c‘est pour son plus grand bien ! J’ai eu la chance de pouvoir rester 12 jours en chambre à la maternité, ensuite il a fallut faire les allers retours hôpital domicile. Le premier retour sans son bébé n’est bien sûr pas facile, la logique est d’accoucher, et ensuite de rentrer chez soi avec son bébé et là ce n’est pas le cas. Mais la retrouver le lendemain faisait tellement de bien ! Et puis il faut en profiter pour se reposer et reprendre des forces car les journées demandent beaucoup d’énergie. Habitant à une trentaine de kilomètres de l’hôpital je restais toute la journée. Une salle des parents est à disposition pour déjeuner, et je faisais la sieste sur le fauteuil (très confortable !) du box. A quelques jours du retour, une réunion de sortie est organisée, c’est le moment de poser toutes les questions que l’on a. Puis vient le jour J et le début d’une nouvelle aventure ! A 6 semaines Camille pèse tout pile 3kg et est une vraie battante !

Encore un énorme merci à tout le personnel du service mais aussi à l’association Les Bébés Plumes, qui fournit tant de matériel et de vêtements pour tous ces bébés et qui rend l’hospitalisation moins difficile.

témoignages

L’histoire de Livio

Livio est né à 27semaines+2jours. Il pesait 920g et mesurait 34cm. La grossesse se passait bien et en 40 minutes, un dimanche matin notre enfant est né. J’ai eu de grosses douleurs au ventre. Le médecin du SAMU nous a conseillé de nous rendre aux urgences. Sur la route j’ai eu des contractions et ensuite le travail s’est déclenché. J’ai eu une césarienne en urgence sous anesthésie générale parce que le bébé se présentait par les pieds. Cela a été d’une extrême violence. Tout s’est passé très vite. Nous savions que c’était grave mais nous ne savions pas ce qui nous attendait.

Pendant que j’étais endormie, le papa a dû donner un prénom à  notre enfant. On lui a demandé s’il voulait voir le bébé sortir de la salle d’opération ce qui était un choix délicat ne sachant pas s’il allait vivre. Je me suis réveillée seule en salle de réveil, sans bébé dans mon ventre. Je ne savais pas où il était. S’il était vivant, mort ou dans un état grave. On ne m’a pas donné de réponse car il n’était pas dans le même service. Notre enfant est né à 5H40 et je ne l’ai vu qu’en fin d’après-midi.

Les puéricultrices sont venues nous voir à la maternité avec des photos et elles nous ont expliqué l’état de notre enfant. Nous avons eu du mal à comprendre les informations car tout était soudain. Il n’y avait pas de risque connu d’avoir un enfant prématuré donc c’était très flou, l’incompréhension pour nous. Nous étions accablés et inquiets mais notre seule préoccupation était notre fils.

Nous nous rendions auprès de lui tous les matins et tous les soirs pendant 10 semaines sans exception. Dès le lendemain, nous avons fait du peau à peau (papa le matin et maman l’après-midi). Nous le prenions contre nous à chaque fois que cela était possible. Avec mon conjoint nous avions dit que j’allaiterais, j’ai donc tiré mon lait. Au début, il ne pouvait avoir que le lait que je tirais à l’hôpital alors nous passions de très longues journées là-bas pour être certaine que la quantité soit suffisante. J’en tirais à mon domicile aussi afin de favoriser la lactation.

Le personnel soignant a été très attentionné avec notre enfant. Nous n’étions pas inquiets de le laisser la nuit ou le midi. Les infirmier(e)s ont été là pour Livio mais également pour nous car lorsqu’ils le pouvaient ils venaient discuter avec nous et nous rassurer. Pendant 10 semaines, nous les avons vu tous les matins et tous les soirs. Nous avons partagé avec eux les moments heureux et difficiles. Ils nous ont été d’un grand soutien.

Livio a eu des difficultés à respirer tout seul car ses poumons ne s’étaient pas suffisamment développés dans mon ventre. Pendant 7 semaines, il avait une assistance respiratoire. Les pédiatres se sont demandés s’il ne fallait pas l’opérer du canal artériel pour qu’il puisse mieux respirer mais finalement il n’en a pas eu besoin.

Quelques jours après sa naissance, Livio a développé un staphylocoque après la pause d’un cathéter. Il avait de la fièvre. Il a eu la jaunisse et donc des séances de luminothérapie. Lors de ces épisodes nous ne pouvions pas le prendre en peau à peau.

Les prématurés font des « oublis », la respiration et le rythme cardiaque ralentissent. Lorsque cela se produisait, nous étions toujours un peu paniqués car le monitoring s’affolait. Livio avait pleins de fils sur lui en plus de son masque, de son cathéter, de sa sonde alimentaire.

Les 7 semaines en réanimation pédiatrique ont été éprouvantes car notre bébé était très petit et il avait beaucoup de difficultés (à respirer, à avoir une bonne température…). Des fois nous trouvions le temps long. On avait le sentiment que ça n’évoluait pas. On avait peur qu’il n’arrive pas à respirer seul ou à grossir. Nous avons, dès le 2éme jour saisit notre rôle de parents. Nous changions les couches, nous donnions le bain, nous faisions les petits soins. Les puériculteurs (-trices) nous ont montré, assisté puis nous ont laissé seul lorsque nous étions prêts. Nous étions et sommes toujours une famille unie et fusionnelle.

Le corps de Livio a eu un déclic. Tout est allé vite. Il avait un poids qui permettait à son corps de réguler sa température. Il a eu de moins en moins besoin d’oxygène ce qui lui a permis d’être transféré dans le service de néonatalogie.

En néonatalogie, nous habillions notre fils. Nous étions plus autonomes car il y avait moins de fils, plus le masque d’oxygène. Il fallait attendre qu’il mange sans sonde alimentaire. Il a pris le biberon et le sein car il n’avait pas assez de force pour boire tout au sein.

Nous n’avons pas eu de problème au retour au domicile car toutes nos questions ou nos appréhensions nous les avions posé aux puériculteurs (-trices) lors de l’hospitalisation.

La 1ère année, nous nous sommes beaucoup isolés pour éviter les microbes (ce qui n’a pas empêché Livio de tomber malade et d’être hospitalisé à l’hôpital). L’entourage n’a pas toujours eu des comportements adaptés. Livio s’est fait opérer à 8mois des hernies inguinales ce qui nous inquiétait. Pendant les 1ers mois, nous allions très souvent à l’hôpital car il y avait un gros suivi. Quelques mois après l’accouchement, j’ai appris qu’une bactérie était montée dans le placenta ce qui a provoqué l’ « expulsion » du bébé.

Au 15 mois de Livio, nous avons passé Noël à l’hôpital parce qu’il avait une infection des poumons. Je l’ai allaité jusqu’à ce moment-là.

Je suis restée à ses côtés jusqu’à ses 2ans puis j’ai repris le travail et lui a intégrer une Maison d’Assistantes Maternelles.

Maintenant (26 mois), tout ce passe bien. Nous sommes très heureux, sereins et nous profitons de la vie. Cela a été une épreuve qui ne s’est pas terminée une fois sortie de l’hôpital. Le couple aussi est fragilisé car toute l’attention est pour notre enfant. Pour me reconstruire et pour dépasser mes angoisses (confier Livio, lâcher prise), j’ai demandé un suivi psychologique. Plus Livio grandit moins il est fragile, donc notre famille retrouve un équilibre. Ce qui nous reste de cette expérience est l’énorme chance que l’on a d’avoir notre fils à nos côtés et en bonne santé. Je suis fière du courage de mon enfant et je suis fière de mon conjoint qui est un papa formidable.

Encore un grand merci à l’équipe de réanimation pédiatrique et de néonatalogie pour leur professionnalisme, leur investissement et leur gentillesse.

Les parents de Livio

témoignages

Liam et Maé, novembre 2015 et novembre 2018

Coucou les supers infirmières,

Voilà moi c’est Liam.S tout a commencé pour moi avec beaucoup d’avance le 19 novembre 2015. 

Beaucoup d’inquiétude pour mes parents mais grâce à une équipe aux petits soins et très à l’écoute ils ont réussi à surmonter leurs peurs et leurs doutes. Je tiens à les remercier de s’être aussi bien occupé de moi quand ma maman n’était pas là pendant 2 long mois, vous avez été ma 2eme famille.

Je vous embrasse Liam.

Bientôt 4 ans et en pleine forme, je laisse la place à ma petite sœur pour vous dire un petit mot. 

Coucou,

Et oui la petite fille sur la photo c’est moi Maë.S arrivée aussi un peu en avance le 8 novembre 2018. Mais cette fois ma maman était prête, elle connaissait l’équipe et les lieux par cœur.

Et encore une fois rien à dire une équipe au top répondant à toutes nos questions et rien n’était plus important pour mes parents d’avoir du personnel de confiance pour s’occuper de moi. 

Voilà après le petit message de mes 2 petits monstres moi c’est Delphine la maman.

Vous êtes d’un soutient très important pour les familles, pour nous expliquer tous les soins effectués chaque jour de nos petits mais vous êtes également là pour remonter le moral les jours où ça va moins bien.

Merci pour tout pour votre gentillesse, votre professionnalisme et votre écoute. 

La famille S